SGM Gathering Recap: Café virtuel du mardi 20 octobre 2020 (FR/EN)

Written by Chloe Stamm Rouge

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(FR) Article sur le Café virtuel du mardi 20 octobre 2020. 

Le Café virtuel du SGM, [Mouvement de la Gastronomie Sociale], a eu lieu le mardi 20 octobre, a avait pour objectif de réunir non seulement les membres du Mouvement en France, mais également tous les membres francophones soucieux de se connecter et de découvrir les actions des trois associations parisiennes présentes : Meet My Mama, Refugee Food Festival, et Yes We Camp (pôle alimentaire des Grands Voisins). Respectivement représentées par Donia Souad Amamra, Marine Mandrila et Emma Lavaur, nous avons abordé le sujet des différentes actions de ces associations réalisées dans l’urgence durant la période de la crise de la Covid-19 en France, et tout particulièrement pendant le confinement (le premier confinement français a duré 55 jours, du 11 mars au 17 mai 2020).  

Ce café virtuel prenait place au sein de la semaine du sommet virtuel de SGM 2020. Cette série d’évènements en ligne avait pour but de créer un espace pour permettre à la communauté internationale de se réunir, de partager et de collaborer à travers les pays et les secteurs pour plus de solidarité alimentaire, avec pour vocation de contribuer à la création d’un système alimentaire tous les jours un peu plus juste et équitable. Ce meeting particulièrement avait un goût à la fois doux et amer, celui à la fois du bonheur des retrouvailles et des rencontres, du travail collectif et des collaborations vers un système alimentaire plus juste, équitable et inclusif, mais en même temps, la stupéfaction de devoir réaliser en ligne ce sommet qui devait justement, pour l’année 2020, avoir lieu à Paris. 

Sans pour autant se laisser abattre par la crise sanitaire, ces trois associations ont su se lever et se battre pour perpétuer leur fonctionnement, non seulement en aidant les bénéficiaires (au total, plus de 100.000 repas auront été distribué par Yes We Camp et Refugee Food Festival à travers le collectif RALLIEMENT, et 12.100 repas auront été distribués par les Mama seules), mais en continuant leurs actions professionnalisantes et formatrices. 

Ce meeting a été présenté par Zaya Namjildorj, responsable des partenariats chez SGM, et Valentin Worms, catalyste entre SGM et la communauté française depuis la naissance du mouvement, également membre de Global Shapers Paris. Il y avait également d’autres acteurs clés du mouvement en France au Belgique et au Canada.

Le meeting a commencé avec l’intervention de Donia Souad Amamra, co-fondatrice de Meet my Mama, structure associative dédiée à l’empowerment des femmes en provenance des quatre coins du monde, qui ont pour but de les accompagner pour devenir des cheffes indépendantes et entrepreneures. Elles sont sur tous les fronts : A travers la déconstruction des stéréotypes et la suppression des freins psychologiques liés au genre dans les métiers de bouche, Meet My mama espère inspirer les femmes bénéficiaires, puis les former, à la fois de manière diplômantes et professionnalisantes, tout en les soutenant et leur offrant des opportunités professionnelles. Par la suite, un accompagnement personnalisé est mis en place, des assistances juridiques, sociale et administrative pour réaliser leurs projets professionnels. 

Pendant la crise sanitaire, onze mamas ont pu continuer leurs actions en participant aux opérations solidaires, ce qui a donné, en un peu moins de deux mois, 12100 repas confectionnés à partir de 12 tonnes d’aliments invendus qui ont été récupérés, en partenariat avec le Refettorio Paris de la crypte de la Madeleine originellement fondé par Massimo Bottura. 

« Quand on valorise le talent d’une personne, on lui donne le pouvoir de réaliser ses rêves », selon Donia. En effet, si on écoute Mama Nahla (du Liban) et Mama Fatoumata (du Sénégal), «  ce projet nous a permis de recevoir un revenu malgré cette période difficile  tout en faisant une belle action solidaire pour apporter un peu de bonheur aux plus démunis ». 

Meet my Mama est l’une des 10 associations finalistes ayant été sélectionnée lors du Food Solidarity Fund (Fond alimentaire solidaire) organisé par SGM en réaction face à la crise sanitaire. A l’aide de l’argent reçu ainsi que des conseils personnalisés de plusieurs membres phares du réseau, elles ont pu lancer leur action Mama Solidaires 2.0 pour continuer de faire face à la précarité alimentaire à Paris puis partout dans le monde, et elles sont à la recherche de partenaires pour mener cette action à bien. 

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Marine Mandrila, co-fondatrice et co-directrice du Refugee Food Festival, association soutenue par les Nations-Unies, croit en le pouvoir universel de la cuisine. Ils poursuivent trois objectifs : faire évoluer les regards sur le statut de réfugié au niveau français, faciliter leur insertion professionnelle dans le milieu de la restauration, et enfin promouvoir des saveurs venues d’ailleurs et une alimentation saine et diversifiée. Selon elle, « la cuisine peut contribuer à changer le monde, et à rassembler le plus grand nombre autour d’une même table ».   A travers de très nombreuses activités, telles que le festival annuel organisé dans une quinzaine de villes du monde par des citoyens volontaires, le restaurant d’insertion la Résidence à Ground Control, Paris, un service traiteur, des formations qualifiantes avec les programmes SESAME et TOURNESOL qui visent à accompagner socialement et économiquement les bénéficiaires jusqu’à l’indépendance, le Refugee Food Festival est une organisation incontournable du domaine de la Gastronomie Sociale. Pendant le Covid-19, ils se sont liés au collectif RALIEMENT en un temps record, notamment en partenariat avec Yes We Camp, Ernest, Wanted Community, Linkee, ce qui a à terme permis de distribuer plus de 100.000 repas tout en luttant contre l’isolement social et en perpétuant l’action formatrice et professionnalisante. Au total, c’est près de 50 tonnes de denrées alimentaires qui ont été récupérées, 400 bénévoles mobilisés pendant 14 semaines pour approvisionner 46 centres d’hébergement, avec des repas savoureux, sains et variés. A l’heure actuelle, l’objectif poursuivi est de pouvoir continuer cette action de manière structurée pour répondre aux besoins les plus urgents. Ils espèrent pouvoir étendre leurs actions aux étudiants précaires de la capitale française. 

L’association Yes We Camp, représentée par Emma Lavaur, prône l’utilisation inventive des espaces disponibles pour faire l’expérience de nouvelles formes d’organisations collectives, afin que nos vies quotidiennes créent davantage de place pour l’attention aux autres, l’apprentissage, la création, et la relation au vivant. Depuis 2013, ils déploient leurs forces pour investir progressivement des sites disponibles, bâtiments ou terrains de plein air, et les transformer en des espaces accueillants pour un public qu’ils espèrent le plus varié possible, à travers l’alimentation, l’art, la programmation et l’aménagement d’espace pour créer plus de sentiment commun. Le rôle global de Yes We Camp est de s’occuper de l’accueil au public et des liens et des usages générés par ces lieux.  Pour reprendre la formule d’Emma, « l’alimentation est un de nos outils, et pas des moindres », car ils symbolisent le lien entre tous. En partenariat avec d’autres associations, telle que l’association Aurore, ils visent à fournir une aide globale à ceux qui en ont besoin et à bouleverser les mentalités pour créer des sociétés plus collaboratives et inclusives. Ils prônent la diversité et la mixité sociale, comme le rappelle Emma : « Ce qui nous intéresse c’est d’avoir une grand-mère du 14ème qui vienne avec ses petits-enfants profiter d’un jeu de société et qu’en même temps à côté de sa table des jeunes puissent écouter de la musique et danser ». 

Ils ont contribué au collectif RALLIEMENT, comme Refugee Food Festival, pendant le confinement. Comme le rappelle Marine Mandrila, « ça [le collectif] s’est organisé en dix jours et en deux semaines, on était opérationnels ». Une très belle preuve de solidarité dans l’urgence et de croyance en l’humanité ! 




Les trois actrices rappellent qu’aujourd’hui, le besoin d’aide alimentaire est énorme et croissant, et que même si ces associations bénéficiaient d’aides administratives et financières avec le Covid-19, la précarité alimentaire ne s’arrêtera pas avec le virus. Ralliement est la preuve humaine qu’un collectif sortit de nulle part et structuré en dix jours peut donner des résultats merveilleux. Comme l’a dit Marine, « on a vu que des solutions existent ». 

C’est ici que Donia souligne également l’importance d’appartenir à un réseau transnational tel que SGM : « Faire partie de SGM, c’est porter des problématiques qui sont internationales, ce sont des politiques globales qui doivent être soutenues par tout le monde ». De la même façon, Emma indique qu’un tel mouvement permet de lisser des problématiques et de débattre ensemble de préoccupations communes, afin d’unir les forces de travail dans une même direction. 

Les trois associations débattent ensuite sur la meilleure manière de changer le rapport entre le consommateur et l’aliment, en ajoutant les travailleurs dans ce lien et en humanisant les cuisiniers et les travailleurs des métiers de bouche. Pour Marine, cela passe par l’éducation, que les cuisiniers se présentent, et il faut commencer le travail au plus jeune âge, notamment dans les cantines scolaires où certains chefs se présentent, ce qui fait réaliser aux enfants qu’il y a vraiment quelqu’un en cuisine. Emma met en avant le fait qu’à Yes We Camp, beaucoup de bénévoles sont également bénéficiaires, et certains d’entre eux sont devenus des professionnels après où ils s’appliquent à créer ce lien. Enfin, pour Meet my Mama, les mamas sont « les stars de l’évènement ». Le livre de Meet My Mama permet d’ailleurs de se représenter qui sont ces femmes et quelles sont leurs histoires. Emma en profite pour rappeler l’importance de valoriser les patrimoines alimentaires, notamment des réfugiés, qui peuvent être stigmatisés notamment pour le fait de consommer de la viande, alors que l’essence de la gastronomie sociale est de prévenir les personnes de la stigmatisation pour avancer vers des sociétés plus respectueuses, équitables et inclusives. 

Le meeting se termine sur des notes positives, entre l’idée de l’organisation d’un Vendredi Solidaire, qui rappellerait à tout le monde les actions des associations partenaires du SGM pour les promouvoir au grand public, mais également que le confinement aura au moins permis, malgré tout le malheur, de nous rendre compte qu’il existe des solutions, des gens prêts à tout donner pour en trouver dans l’urgence, et que ces relations au sein d’une communauté locale permettent de trouver du réconfort et des partenaires sur qui s’appuyer. 










(EN) About  the SGM  Virtual Café, Tuesday, October 20, 2020.

The Virtual Café of the Social Gastronomy Movement took place on Tuesday, October 20, and aimed to bring together not only the members of the French community of the SGM, but also all French-speaking members wishing to connect and support the actions of the three associations present: Meet My Mama, Refugee Food Festival, and Yes We Camp (food pole of the Grands Voisins). Respectively represented by Donia Souad Amamra, Marine Mandrila and Emma Lavaur, we addressed the subject of the different actions of these associations carried out in emergency during the period of the Covid-19 crisis in France, and especially during the lockdown (the first French lockdown lasted 55 days, from March 11 to May 17, 2020).  They are currently, since October 30, starting the second national lockdown. 

This virtual coffee took place within the week of the virtual summit of SGM 2020. This series of online events aimed to create a space for the international community to come together, share and collaborate across countries and sectors for more food solidarity, with the goal of contributing to the creation of a food system that is a little more just and equitable every day. This meeting in particular had a taste both sweet and bitter, that of the happiness of reunion and meetings, of collective work and collaboration towards a fairer, more equitable and inclusive food system, but at the same time, the astonishment of having to carry out online this summit that was precisely, for the year 2020, scheduled to be held in Paris. 

Without letting themselves be overwhelmed by the health crisis, these three associations were able to stand up and fight to perpetuate their functioning, not only by helping the beneficiaries (in total, more than 100,000 meals will have been distributed by Yes We Camp and Refugee Food Festival through the collective RALLIEMENT, and 12,100 meals will have been distributed by the Mama alone), but also by continuing their professionalizing and formative actions. 

This meeting was presented by Zaya Namjildorj, Partnerships and Alliances Lead at the Social Gastronomy Movement, and Valentin Worms, a catalyst between SGM and the French community since the birth of the movement, also a member of Global Shapers Paris. There were also other key actors of the movement in France, Belgium and Canada. 




The meeting started with the intervention of Donia Souad Amamra, co-founder of Meet my Mama, an associative structure dedicated to the empowerment of women from all over the world, whose aim is to accompany them to become independent entrepreneurs. They are on all fronts: Through the deconstruction of stereotypes and the removal of psychological barriers related to gender in the food industry, Meet My Mama inspires women beneficiaries, then trains them, both in a diploma and professionalizing way, while supporting them and offering them professional opportunities. Thereafter, a personalized accompaniment is set up, legal, social, and administrative assistance to realize their professional projects. 

During the health crisis, eleven mamas were able to continue their actions by participating in solidarity operations, which in a little less than two months gave 12100 meals made from 12 tons of unsold food that were recovered, in partnership with the Refettorio Paris of the Madeleine crypt originally founded by Massimo Bottura. 

"When we value a person's talent, we give them the power to make their dreams come true," says Donia. Indeed, if we listen to Mama Nahla (from Lebanon) and Mama Fatoumata (from Senegal), "this project has allowed us to receive an income despite this difficult period while doing a beautiful solidarity action to bring a little happiness to the most disadvantaged". 

Meet my Mama is one of the 10 finalist associations that were selected during the Food Solidarity Fund organized by SGM in response to the health crisis. With the help of the money they received and the personalized advice of several key members of the network, they were able to launch their Mama Solidaires 2.0 action to continue to address food insecurity in Paris and then throughout the world, and they are looking for partners to carry out this action. 

Marine Mandrila, co-founder and co-director of the Refugee Food Festival, an association supported by the United Nations, believes in the universal power of cuisine. They have three objectives: to change the way people look at refugee status in France, to facilitate their professional integration into the world of food service, and finally to promote flavours from elsewhere and a healthy and diversified diet. According to her, "cooking can help change the world, and bring as many people as possible to the same table".   Through numerous activities, such as the annual festival organized in about fifteen cities around the world by volunteer citizens, the integration restaurant La Résidence at Ground Control, Paris, a catering service, and training courses with the SESAME and TOURNESOL programs, which aim to provide social and economic support to beneficiaries until independence, the Refugee Food Festival is a key organization in the field of Social Gastronomy. During Covid-19, they joined the collective RALIEMENT in record time, notably in partnership with Yes We Camp, Ernest, Wanted Community, Linkee, which in the long run allowed the distribution of more than 100,000 meals while fighting against social isolation and perpetuating the formative and professionalizing action. In total, nearly 50 tons of food were recovered, with 400 volunteers mobilized for 14 weeks to supply 46 shelters with tasty, healthy and varied meals. At present, the objective is to continue this action in a structured manner to meet the most urgent needs. They hope to be able to extend their actions to the precarious students of the French capital. 

The Yes We Camp association, represented by Emma Lavaur, advocates the inventive use of available spaces to experience new forms of collective organization, so that our daily lives create more space for caring, learning, creating, and relating to the living. Since 2013, they have been deploying their forces to gradually invest in available sites, buildings or open-air grounds, and transform them into welcoming spaces for the public they hope to reach, through food, art, programming and space planning to create more common feelings. The overall role of Yes We Camp is to take care of welcoming the public and the connections and uses generated by these places.  To use Emma's words, "food is one of our tools, and not the least important one," as they symbolize the link between all. In partnership with other associations, such as the Aurore association, they aim to provide comprehensive assistance to those in need and to change mentalities to create more collaborative and inclusive societies. They advocate diversity and social mixing, as Emma reminds us: "What interests us is to have a grandmother from the 14th arrondissement come with her grandchildren to enjoy a board game and at the same time, next to her table, young people can listen to music and dance". 

They contributed to the collective RALLIEMENT, as Refugee Food Festival, during the confinement. As Marine recalls, "it [the collective] was organized in ten days and in two weeks we were operational. A beautiful proof of solidarity in the emergency and belief in humanity! 




The three actresses recall that today, the need for food aid is enormous and growing, and that even if these associations benefited from administrative and financial aid with Covid-19, food insecurity will not stop with the virus. RALLIEMENT is the human proof that a collective out of nowhere and structured in ten days can give wonderful results. As Marine said, "we have seen that solutions exist". 

It is here that Donia also emphasizes the importance of belonging to a transnational network such as SGM: "Being part of SGM means facing issues that are international, global policies that must be supported by everyone". In the same way, Emma indicates that such a movement allows for the smoothing of issues and the discussion of common concerns, in order to unite the work forces in a common cause. 

The three associations then discuss the best way to change the relationship between the consumer and food, adding workers to this link and humanizing cooks and food workers. For Marine, this means education, that the cooks show up, and the work must begin at an early age, especially in school canteens where some chefs show up, making children realize that there is actually someone in the kitchen. Emma points out that at Yes We Camp, many volunteers are also beneficiaries, and some of them have become professionals after they have worked hard to create this link. Finally, for Meet my Mama, the mothers are "the stars of the event". The book of Meet My Mama allows us to imagine who these women are and what their stories are. Emma takes this opportunity to remind us of the importance of valuing food heritage, especially refugees, who can be stigmatized, especially for eating meat, whereas the essence of social gastronomy is to prevent people from being stigmatized in order to move towards more respectful, equitable and inclusive societies. 

The meeting ended on positive notes, between the idea of organizing a Solidary Friday, which would remind everyone of the actions of SGM's partner associations to promote them to the general public, but also that the confinement will at least have allowed us to realize, despite all the misfortune, that there are solutions, people ready to give everything to find some in an emergency, and that these relationships within a local community allow us to find comfort and partners to rely on.







SGM Team